Quel arabe entend-on dans votre enregistrement ?
« L'arabe » recouvre des réalités très différentes, et c'est la première chose à identifier avant de traduire.
- Arabe standard moderne (fusha)
- Langue des journaux télévisés, des discours officiels, des conférences, de nombreux sermons et des documents écrits. Grammaire et vocabulaire largement communs à tout le monde arabe.
- Dialectes du Maghreb
- Darija marocaine, darja algérienne, derja tunisienne : les langues du quotidien, avec un vocabulaire propre, des emprunts à l'amazigh, au français et à l'espagnol.
- Dialectes du Machrek et du Golfe
- Égyptien, levantin (Liban, Syrie, Palestine, Jordanie), irakien, parlers du Golfe. Certains, comme l'égyptien, sont très diffusés par le cinéma et la télévision.
Dans la vraie vie, ces registres se mélangent. Un responsable associatif peut commencer en fusha, passer en darija pour une anecdote et glisser des phrases entières en français. Dans les familles maghrébines installées en France ou en Belgique, ce va-et-vient entre darija et français est même la norme. Plus l'enregistrement s'éloigne de l'arabe standard, plus la traduction automatique demandera de vérifications.
Ce que la reconnaissance vocale comprend bien, et moins bien
Toute traduction d'un audio commence par une transcription : si les mots arabes sont mal reconnus, la traduction française sera fausse, même parfaitement rédigée. Or les modèles de reconnaissance vocale, Whisper compris, ont été entraînés sur beaucoup plus d'arabe standard que de dialectes.
- L'arabe standard, bien articulé et enregistré proprement (conférence, journal, discours), donne en général une transcription exploitable.
- Les dialectes très présents dans les médias, comme l'égyptien, passent souvent mieux que des parlers plus locaux, mais restent moins fiables que la fusha.
- La darija pose les difficultés les plus fortes : vocabulaire absent de l'arabe standard, absence d'orthographe fixée, débit rapide, emprunts au français prononcés à la marocaine ou à l'algérienne.
- Le mélange darija et français est transcrit tel qu'il est entendu, imparfaitement. Les passages en français peuvent être bien reconnus, et les passages en darija nettement moins.
Il n'existe pas de chiffre honnête pour résumer cela : tout dépend de la qualité du son, du locuteur et du sujet. La seule façon de savoir, c'est de tester sur un extrait représentatif de votre enregistrement. Pour comprendre l'effet des accents et des variétés de langue sur la reconnaissance, voyez notre article sur les accents (en anglais).
Pour qui, et pour quoi faire ?
Les besoins de traduction de l'arabe vers le français sont très variés dans le monde francophone.
- Les familles : comprendre le message vocal d'une grand-mère restée au pays, garder une trace écrite d'un récit familial, partager une vidéo de mariage avec des proches qui ne parlent pas arabe.
- Les associations : traduire le témoignage d'un bénéficiaire, une intervention lors d'une soirée culturelle, une conférence d'un invité venu de Tunis ou du Caire.
- Les entreprises : comprendre l'appel enregistré d'un fournisseur égyptien, le message vocal d'un client du Golfe, le replay d'un salon professionnel à Dubaï ou Casablanca.
- Les journalistes et chercheurs : dépouiller des entretiens de terrain, traduire une déclaration publique, préparer des citations à vérifier.
Une limite à connaître : pour un usage officiel (procédure administrative, dossier de justice, état civil), une traduction automatique ne vaut rien juridiquement. Il faut faire appel à un traducteur assermenté ; la différence est expliquée dans notre article sur les traductions certifiées (en anglais).
Noms propres, translittération et formules du quotidien
Les noms propres sont le point faible de toute traduction de l'arabe. Un même prénom peut s'écrire Mohamed, Mohammed ou Muhammad, un nom de famille Benali, Ben Ali ou Bin Ali, et une ville Oujda ou Wajda selon la convention suivie. La traduction automatique n'est pas toujours cohérente d'une phrase à l'autre.
- Dressez la liste des noms qui apparaissent (personnes, lieux, entreprises) et choisissez une graphie pour chacun.
- Pour une personne réelle, reprenez la graphie de ses papiers d'identité français ou de sa propre signature.
- Pour les lieux du Maghreb, préférez la graphie française d'usage (Tlemcen, Sfax, Meknès) plutôt qu'une translittération savante.
- Harmonisez ensuite avec la fonction rechercher-remplacer de votre traitement de texte.
Les formules religieuses et de politesse demandent aussi une décision : « inchallah », « hamdoullah » ou « bismillah » sont compris de nombreux lecteurs francophones et peuvent être conservés, ou traduits selon le public. Autre choix délicat : l'arabe tutoie volontiers, y compris des inconnus, alors que le français distingue tu et vous. Une traduction qui tutoie un client ou une personne âgée sonne faux ; notre article sur le tu ou le vous dans la traduction aide à trancher. Pour les questions d'écriture des noms, voyez aussi la différence entre traduction et translittération (en anglais).
Traduire l'audio arabe en français avec mydubly
mydubly traite les fichiers audio dans son espace dédié, présenté sur la page traducteur audio (en anglais). Il accepte les formats MP3, WAV, M4A, AAC, OGG, FLAC et WebM, jusqu'à 2 heures par fichier. Les messages vocaux WhatsApp au format .opus et les enregistrements d'appels en .amr ne sont pas acceptés : convertissez-les d'abord en MP3 ou M4A avec un convertisseur de confiance.
Deux façons de procéder, selon que vous voulez lire ou écouter le français.
- Déposez le fichier dans « Drop audio here ».
- Pour un texte français : laissez « Audio and text output » désactivé et choisissez French dans « Select language ». Cliquez sur « Transcribe audio », puis récupérez le texte avec « Download transcript » ou « Download timestamped transcript ». C'est le tarif transcription.
- Pour une version audio française : activez « Audio and text output », choisissez French dans « Select language », écoutez les voix dans « Select voice », puis cliquez sur « Translate audio ». Téléchargez le résultat avec « Download translated audio » (fichier .m4a). C'est le tarif doublage.
Message vocal de 4 minutes en texte français : 5 crédits, car le minimum par fichier s'applique. Le même message en version audio française : 4 × 50 = 200 crédits ($0,20). Conférence de 30 minutes : 30 crédits en texte, 1 500 crédits ($1,50) en audio doublé.
La langue source est détectée automatiquement : vous ne pouvez ni la choisir, ni indiquer un dialecte. Il n'existe pas d'option « darija » ou « égyptien » séparée : tout l'arabe passe par la même reconnaissance, avec les limites décrites plus haut. Côté voix, une seule voix lit l'ensemble de l'enregistrement, même s'il y a plusieurs intervenants, et il n'y a pas de clonage vocal : la grand-mère du message vocal ne parlera pas français avec sa propre voix. mydubly ne distingue pas non plus les intervenants et ne résume pas. L'audio est envoyé en HTTPS et supprimé du serveur dans les 30 minutes qui suivent la fin du travail.
La méthode la plus fiable : l'arabe d'abord, le français ensuite
Pour un enregistrement important, ne vous contentez pas d'une traduction directe. Procédez en deux temps.
- Transcrivez d'abord en choisissant Arabic dans « Select language » : vous obtenez le texte en arabe, tel qu'il a été reconnu, sans traduction.
- Faites relire ce texte arabe par un arabophone, idéalement originaire de la même région que le locuteur. Un Marocain peut avoir du mal avec un parler du Golfe, et inversement.
- Lancez ensuite la traduction française, puis corrigez-la à la lumière de la relecture arabe : mydubly repart de l'audio et n'importe pas votre texte corrigé.
- Comparez les passages sensibles (chiffres, noms, dates, engagements) avec l'audio, grâce aux horodatages.
Cette étape de contrôle coûte un peu de temps mais évite l'erreur la plus fréquente : une traduction française fluide, agréable à lire, construite sur une transcription arabe fautive. Si votre fichier est une vidéo plutôt qu'un audio, la page vidéo arabe en texte (en anglais) présente le même principe côté vidéo.
Une association lyonnaise reçoit le témoignage audio de 12 minutes d'une bénévole marocaine, en darija entrecoupée de français. Première étape : transcription en arabe, 12 crédits. Une bénévole originaire de Fès relit le texte et corrige les passages en darija mal reconnus. Deuxième étape : version française, 12 crédits de plus, que la même bénévole compare à sa relecture pour rectifier les phrases touchées. Total : 24 crédits, et un texte validé par une locutrice native avant publication dans la lettre d'information.
Respect des personnes et confidentialité
Un message vocal familial, un témoignage de personne exilée ou un appel professionnel contiennent souvent des informations personnelles. Demandez l'accord de la personne enregistrée avant de faire traduire et surtout avant de diffuser. Pour des témoignages sensibles (demandeurs d'asile, victimes, mineurs), anonymisez les noms et les lieux dans la version publiée. Si vous travaillez dans un cadre professionnel ou associatif, renseignez-vous auprès de votre référent en protection des données sur les règles internes. Côté outil, retenez les faits : chiffrement du transfert en HTTPS et suppression de l'audio et des résultats du serveur dans les 30 minutes après la fin du traitement.
Questions fréquentes
Peut-on traduire un message vocal WhatsApp en arabe vers le français ?
Oui, à condition de convertir d'abord le fichier : les notes vocales WhatsApp au format .opus ne sont pas acceptées par mydubly. Exportez le message, convertissez-le en MP3 ou M4A avec un convertisseur de confiance, puis déposez-le dans l'espace audio. Ne traduisez que les messages qui vous ont été adressés.
La darija marocaine ou algérienne est-elle bien reconnue ?
Moins bien que l'arabe standard. La darija a un vocabulaire propre, pas d'orthographe fixe et se mélange souvent au français, ce qui rend la reconnaissance plus approximative. Testez sur un court extrait, et faites relire le résultat par un locuteur de la même région avant de vous y fier.
Puis-je choisir le dialecte arabe avant de lancer la traduction ?
Non. La langue source est détectée automatiquement et il n'existe pas d'option séparée par dialecte. Tout l'arabe est traité de la même façon, ce qui fonctionne mieux pour la fusha que pour les parlers régionaux.
Une traduction automatique suffit-elle pour un dossier administratif ?
Non. Pour une démarche officielle ou judiciaire, il faut une traduction réalisée par un traducteur assermenté. Une traduction automatique peut vous aider à comprendre le contenu d'un enregistrement, mais elle n'a aucune valeur légale.
Combien coûte la traduction en français d'un enregistrement arabe d'une heure ?
En texte français, une heure fait 60 crédits, soit $0,06, au tarif transcription. En version audio doublée, comptez 3 000 crédits, soit $3,00. Les 100 crédits offerts à l'inscription couvrent la version texte d'une heure ; pour le doublage, ils ne couvrent qu'une vidéo de 2 minutes maximum, ce qui correspond au minimum de 100 crédits.
L'enregistrement mélange arabe et français : que se passe-t-il ?
Les deux langues sont transcrites telles qu'elles sont entendues, avec des imperfections, surtout aux transitions. Les passages déjà en français restent en français dans le texte, et la qualité des passages en arabe dépend du dialecte. Relisez attentivement les zones de bascule.
Les noms propres arabes sont-ils bien orthographiés en français ?
Pas toujours, ni de façon cohérente : un même nom peut apparaître sous plusieurs graphies. Dressez une liste des noms de personnes et de lieux, choisissez une orthographe pour chacun, puis harmonisez avec la fonction rechercher-remplacer.
