Incruster, intégrer, joindre : trois choses différentes
On dit « incruster » ou « graver » des sous-titres quand le texte est dessiné dans l'image, définitivement. On parle plutôt d'« intégrer » ou de multiplexer quand les sous-titres voyagent comme une piste à part dans un fichier MKV ou MP4, que le lecteur affiche ou masque. Reste le simple fichier .srt posé à côté de la vidéo.
- Sous-titres incrustés
- Visibles partout et sur tous les écrans, mais impossibles à désactiver, et toute correction impose un nouveau rendu.
- Piste intégrée
- Le spectateur l'active ou non, plusieurs langues sont possibles, mais beaucoup d'applications l'ignorent.
- Fichier SRT ou VTT séparé
- Envoyé à YouTube ou à une plateforme de cours, ou chargé dans VLC ; modifiable à tout moment.
Cette page ne traite que de l'incrustation. Si vous hésitez encore sur la méthode, ou si la vidéo part sur YouTube, le guide pour ajouter des sous-titres à une vidéo compare les options plateforme par plateforme.
Incrustez quand la vidéo sera regardée sans le son, dans une application qui ne gère pas les fichiers de sous-titres, ou par un public qui ne cherchera jamais de menu : un Reel, une vidéo transférée sur WhatsApp, une boucle sur l'écran d'un stand, une projection en amphithéâtre.
Incruster des sous-titres dans une vidéo avec l'éditeur, étape par étape
L'éditeur fonctionne dans le navigateur, sans installation et sans compte tant que vous fournissez le texte. Son interface est en anglais : les étapes reprennent les libellés tels qu'ils s'affichent.
- Cliquez sur « Choose video » ou glissez le fichier dans la zone. MP4, MOV, M4V, WebM et MKV sont acceptés.
- Cliquez sur « Import SRT / VTT » et choisissez votre fichier. Les lignes apparaissent dans l'onglet « Subtitles » avec leurs horaires, et sous forme de blocs sur la « Timeline ».
- Relisez en lançant la lecture. Corrigez le texte directement dans la liste, ajustez début et fin en faisant glisser les bords des blocs ; « Split » coupe une ligne à la position de lecture, « Merge » la fusionne avec la suivante.
- Si tout le fichier est décalé du même écart, saisissez ce décalage en secondes dans « Shift all by » et cliquez sur « Apply ».
- Dans l'onglet « Style », choisissez l'un des 8 préréglages, puis ajustez la police, la taille, les couleurs, le contour ou la boîte de fond, et la position « Top », « Middle » ou « Bottom » avec le curseur « Nudge up / down ».
- Cliquez sur « Render video ». Un récapitulatif indique la résolution conservée, le codec, la taille estimée et le traitement du son ; confirmez avec « Render video », puis téléchargez le résultat avec « Download video ».
Pas encore de fichier ? Tapez les lignes vous-même avec « + Add subtitle », ou cliquez sur « AI subtitles » pour obtenir un premier jet écrit à partir de la parole (connexion requise). La reconnaissance repose sur Whisper et coûte 1 crédit par minute, minimum 5 crédits par fichier : une interview de 6 minutes revient à 6 crédits (0,6 ¢), largement couverts par les 100 crédits offerts aux nouveaux comptes. Dans ce cas, seule la piste audio part en HTTPS vers le serveur, où elle est supprimée dans les 30 minutes qui suivent la fin de la tâche. Pour obtenir uniquement un fichier SRT, sans passer par l'éditeur, il y a le générateur de sous-titres (en anglais).
Avant le rendu : typographie française et lisibilité
Une fois incrustés, un point d'interrogation orphelin ou une faute d'accord restent visibles à chaque lecture. Une relecture attentive avant le rendu vaut mieux qu'un second export.
- Ponctuation double : on met une espace avant les deux-points, le point-virgule, le point d'interrogation et le point d'exclamation, idéalement insécable. Avec une espace ordinaire, le retour à la ligne automatique peut rejeter le signe seul au début de la ligne suivante. Vérifiez dans l'aperçu et coupez vous-même au besoin : dans le champ de texte d'une ligne, la touche Entrée insère un saut de ligne.
- Guillemets : préférez les guillemets français « » aux guillemets droits, avec une espace à l'intérieur.
- Capitales accentuées : écrivez « État » ou « À demain », et vérifiez dans l'aperçu que la police choisie affiche bien É, À, Ç et œ.
- Longueur : l'éditeur signale les lignes de plus de 42 caractères, une vitesse de lecture supérieure à 21 caractères par seconde, les sous-titres affichés moins de 0,8 seconde et les chevauchements. Raccourcissez la phrase plutôt que de réduire la police.
- Coupure selon le sens : pas de retour à la ligne entre l'article et le nom, ni au milieu d'une négation comme « ne… pas ».
Si les accents de votre SRT s'affichent sous forme de caractères étranges dans la liste, le fichier n'est pas en UTF-8. Convertissez-le d'abord avec le convertisseur d'encodage SRT (en anglais), puis réimportez-le.
Choisir un style qui reste lisible
Un seul style s'applique à toute la vidéo, alors choisissez-le pour la scène la plus difficile, pas pour la plus calme. Les préréglages couvrent les cas courants : « Classic » met un texte blanc cerné de noir, « YouTube » pose le texte blanc sur une boîte sombre, « High Contrast » écrit en jaune sur fond noir, « Cinema » utilise une police à empattements et « Social Media » centre un texte plus gros pensé pour le 9:16.
Cochez « Show safe area » pour afficher une marge adaptée au format (16:9, 9:16, 4:5, 1:1 ou 4:3). Le guide n'apparaît que dans l'aperçu, jamais dans la vidéo exportée. Si un bandeau de nom ou un logo occupe le bas de l'image, passez en « Top » ou remontez le texte avec « Nudge up / down ».
Exemples concrets
Une PME lyonnaise importe le SRT relu, choisit le préréglage YouTube et remonte légèrement le texte pour ne pas masquer le bandeau avec le nom. Beaucoup la verront sans le son dans le fil : l'incrustation se justifie.
Sept lignes tapées à la main, préréglage Social Media, « Show safe area » en 9:16 pour que les boutons de l'application ne couvrent pas la recette.
La vidéo tourne en boucle, sans son, au milieu des allées. Préréglage High Contrast et taille augmentée, pour une lecture à quelques mètres.
Dans « AI subtitles », on choisit French dans « Translate into », puis on active « Hide subtitles already in the video ». Cette bande floute l'ancien texte sans l'effacer, et les sous-titres français s'affichent par-dessus.
Et VLC ou HandBrake ?
VLC peut graver un SRT par Média > Convertir / Enregistrer : ajoutez la vidéo, cochez « Utiliser un fichier de sous-titres », choisissez un profil, ouvrez ses réglages avec l'icône de clé, puis dans l'onglet Sous-titres cochez « Sous-titres » et l'option de superposition, intitulée « Superposer les sous-titres sur la vidéo » dans la plupart des versions. Oublier cette dernière case est la cause la plus fréquente d'un fichier converti sans texte. L'apparence dépend des préférences générales de VLC et le résultat ne se voit qu'une fois la conversion finie. La page anglaise sur VLC et l'incrustation (en anglais) détaille le parcours et les pannes courantes.
HandBrake propose lui aussi une option d'incrustation (Burn In) dans son onglet des sous-titres. Ces logiciels de bureau conviennent si vous les avez déjà et maîtrisez leurs réglages ; l'éditeur du navigateur sert plutôt à corriger, styler et vérifier dans l'aperçu avant de graver.
Les limites à connaître
- Pas de sous-titres animés mot par mot ni de style différent selon la ligne : les sous-titres sont statiques, avec un style unique.
- Seuls les fichiers SRT et VTT s'importent. Un fichier ASS d'anime passe d'abord par le convertisseur ASS vers SRT (en anglais), qui garde le texte et le minutage mais pas la mise en forme.
- Les pistes de sous-titres contenues dans un MKV ne sont pas lues par l'éditeur ; récupérez-les avec l'outil pour extraire les sous-titres d'une vidéo (en anglais).
- Le rendu demande Chrome ou Edge 94 et plus, Safari 16.4 et plus, ou Firefox 130 et plus, sur un ordinateur. Sur téléphone, vous pouvez corriger et exporter le SRT, pas produire le MP4.
- La vidéo est réencodée : résolution, cadence et orientation sont conservées, mais ce n'est pas une copie sans perte. Le son est copié tel quel quand le MP4 l'accepte, sinon converti en AAC à 192 kbit/s. Une vidéo HDR ressort en dynamique standard.
- La durée du rendu dépend de votre machine ; gardez l'onglet ouvert jusqu'au bouton de téléchargement. Si le MP4 obtenu est trop lourd pour être envoyé, passez-le ensuite dans l'outil pour compresser une vidéo.
Questions fréquentes
Le spectateur peut-il désactiver des sous-titres incrustés ?
Non. Ils font partie de chaque image, comme un titre filmé. Si le public doit pouvoir les masquer ou changer de langue, publiez plutôt un fichier SRT ou VTT séparé.
La qualité de la vidéo baisse-t-elle quand on incruste des sous-titres ?
Légèrement, car l'image doit être réencodée pour recevoir le texte. L'éditeur garde la résolution, la cadence et l'orientation d'origine et encode à un débit élevé, si bien que la différence reste discrète.
Peut-on incruster des sous-titres depuis un téléphone ?
Pas avec cet éditeur : sur mobile, il permet de corriger les lignes et d'exporter un SRT ou un VTT, mais le rendu du MP4 se fait sur un ordinateur avec Chrome, Edge, Safari ou Firefox récent.
Mon fichier de sous-titres est en ASS : comment l'incruster ?
Convertissez-le d'abord en SRT, puis importez-le. Le texte et les horaires sont conservés ; couleurs, positions et effets du fichier ASS sont perdus et se règlent à nouveau dans l'onglet Style.
Puis-je incruster deux langues en même temps ?
Oui, en empilant les deux langues dans chaque sous-titre. L'outil anglais de sous-titres bilingues assemble deux fichiers SRT en un seul, que vous importez ensuite dans l'éditeur avant le rendu.
Ma vidéo est-elle envoyée sur un serveur pendant l'incrustation ?
Non : l'import, la correction et le rendu se font dans l'onglet du navigateur. Seule la génération de sous-titres par IA envoie la piste audio, supprimée dans les 30 minutes après la fin de la tâche.
